Différentes nuances du teint noir
Les communautés noires sont composées de personnes aux teints diverses, allant du teint le plus ébène au teint le plus clair. Selon les pays, il existe un terme pour distinguer chaque nuance.
En Afrique
Il n’existe pas beaucoup de termes pour différencier les nuances de noir : on est simplement noir clair ou noir foncé.
Aux Antilles
Le cas est différent dans les îles qui ont été fortement métissées suite à l’esclavage. Ainsi, il existe un terme pour désigner chaque nuance de noir. Certains termes sont même des appellations péjoratives que les colons donnaient à leurs esclaves. Le terme chabin par exemple, désigne au sens scientifique le croisement entre le bélier et la chèvre. Le terme mulâtre quand à lui vient du mot « mulet », soit le croisement entre le cheval et l’âne. (Le fait d’utiliser pour des êtres humains des termes destinés aux animaux montre le mépris des maîtres envers leurs esclaves). De nos jours, un mulâtre représente une personne descendante d’un parent noir et d’un parent blanc : ce sont les métisses.
Voici les différentes appellations antillaises pour désigner le degré de noir :
- nègre = personne noire à la peau plus ou moins foncée
- chabin = personne noire à la peau claire et aux traits négroïdes (nez épaté, lèvres épaisses, cheveux crépus etc.).
- noir & câpre = griffe (ou chabin)
- noir & mulâtre = câpre
- blanc & noir = mulâtre (ou métis)
- blanc & mulâtre = carteron
On peut également trouver le terme « couli » pour désigner une personne descendant d’un noir et d’un indien. Leurs signes distinctifs sont la peau plutôt foncée mais des cheveux longs et bouclés.
Il est tout de même étonnant de voir qu'aujourd'hui, ces mots qui avaient servis à dénigrer l'homme noir, "chabin" "nègre" ou "nigga" (terme employé par les noirs américains pour dire "pote") sont aujourd'hui employés avec fierté...
Aux Etats-Unis
La majorité des noirs américains sont des descendants d’esclaves africains. Comme en Afrique, il n’y a pas plusieurs termes pour distinguer les noirs. Pendant longtemps, on était soit « african-american », soit blanc. Depuis les années 30, on peut trouver les termes « bi-racial », « multi-racial », « mixed » ou « mulatto » pour designer les métisses. Cependant dans la culture américaine, même un métis est considéré comme noir. Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter à l’époque de l’esclavage. En effet, le statut d’esclave était hérité de la mère. Si la mère était libre, l’enfant était libre, peut importe sa couleur. Peu à peu, les populations mulâtresses ont commencé à s’émanciper et à développer leur propre culture, surtout en Louisiane, en Floride et en Caroline du Sud. Afin d’éviter les métissages et de conserver une race blanche « pure », un ensemble de lois vont voir le jour à partir de 1910. Parmi elles, la « One Drop Rule », soit la « Règle d’une Goutte», qui stipulait que chaque personne ayant une simple "goutte de sang noir" devait être considérée comme noir. C’est ainsi que Mariah Carey, Kimora Lee ou encore Tina Knowles (la mère de Beyoncé) se considèrent comme des femmes noires à part entière.
Sur cette photo, les mannequins Chanel Iman, Sessilee Lopez, Jourdan Dunn et Arlenis Sosa pour le magazine I-D de Sept 09